Stage initiateur terrain montagne 2015

Le 10.11.2015, par BernardF-05f


Stage Terrain Montagne 2015, du 31 juillet au 7 août 2015

Ecrit par Bernard Finas

Participants :
Baudon Damien - 35 ans – UV1 – initiateur ski de rando - CAF Clermont.
Bedouelle Etienne - 18 ans – UV1 – initiateur SAE - CAF Clermont.
Gerbe Fanny - 28 ans – UV1 – CAF Clermont.
Lasterre Fanny - 27 ans – UV1 – CAF Clermont.
Lecroart Jérémy - 43 ans – UV2 – initiateur ski de rando – CAF Haute-Savoie.
Leguevel Jacques - 39 ans – UV1 – initiateur SAE – CAF Clermont.
Ninet Alice - 29 ans – UV1 – CAF Clermont.
Ortelli Julian - 28 ans – UV1 – initiateur SAE – CAF Clermont.
Finas Bernard – initiateur alpinisme – co-encadrant du stage – CAF Clermont.
Bellon Luc – guide de haute montagne.

Regroupement au chalet CAF des Contamines le vendredi 31 juillet au soir pour le repas.

Samedi 1er août :
Journée de prise de contact et d'évaluation de l'autonomie des stagiaires, école d'escalade des Contamines, séance d'escalade sur dalle et rappel sous une pluie battante... Consolation, la météo pour la suite du stage est au beau fixe !

Dimanche 2 août : nous prenons de l'altitude...
Montée au refuge des Conscrits par le refuge de Tré-la-Tête, descente du « mauvais pas » pour rejoindre le glacier. Sur le parcours une jolie pente de neige en excellente condition pour former les cordées et faire le premier test de cramponnage. Le refuge se situe 200 m au-dessus du glacier et l'accès par le bas est plutôt hasardeux, mais il faut préciser que le refuge est, depuis deux ans, accessible par un sentier évitant le glacier. Dénivelée positive du jour 1500 m.

Lundi 3 août : chaleurs sur les Dômes....
De bonne heure et de bonne humeur, en admirant le ciel étoilé, nous quittons le refuge des Conscrits pour les Dômes de Miage que nous allons parcourir en aller-retour, car la descente vers la Bérangère nous est annoncée impraticable : absence de neige et rocher pourri... chaleur, chaleur... objet de tous les maux, mais que de plaisir !
A notre approche, comme Raminagrobis, le glacier des Pataugas et ses crevasses font la chattemite... (selon le Petit Larousse, faire la chattemite, c'est affecter un faux air de douceur pour tromper) mais pas question de risquer l'ennui sur l'autoroute de la voie normale, ce sera le glacier des Pataugas à la montée, glacier plus pentu et crevassé à souhait !
L'arête de neige des Dômes est magique, étroite et très effilée, regard à droite, regard à gauche, toboggan de neige à perte de vue... qui n'a pas pensé au moins l'espace d'un instant à la chute ?
Retour cool par la voie normale. Dénivelée positive du jour 1100 m.
En fin de journée, depuis le refuge, Luc scrute avec insistance à la jumelle la liaison entre le glacier de Tré-la-Tête et le glacier du Tondu, notre parcours pour demain... une zone chaotique due au recul impressionnant du glacier... Jérémy consulte la météo : orages épars sur le massif dès le matin ! Cette information ajoutée à l'apparente préoccupation d'itinéraire de Luc inquiète Jérémy qui insiste pour nous « vendre » un plan B tarabiscoté avec redescente dans la vallée ! Un bref mais ferme « coup de trompette de Luc » remise le plan B ! A suivre demain matin !

Mardi 4 août : la malédiction du Tondu...
Première difficulté du jour, descendre vers le glacier de Tré-la-Tête à l'aube naissante, avec des sacs bien lourds ce matin. Jérémy pilote la descente de cairn en cairn. La traversée du glacier de Tré-la-Tête ne pose ensuite pas de problème.
Et nous voilà dans la zone de retrait du glacier du Tondu... zone instable et friable, mais nos cafistes ne se laissent pas impressionner. En franchissant un gros bloc, Alice est déstabilisée par son sac, chute en arrière et se relève en grimaçant... vive douleur au poignet gauche... entorse, fracture ? Fanny G. fait un bandage. Nous sommes à deux pas d'atteindre le glacier et la fin des difficultés. Une belle pente de neige bien raide mais en très bonne condition, nous conduit sur le plateau glaciaire du Tondu. Jérémy sécurise le groupe en posant une main courante. Quelques gros nuages tentent en vain de nous perturber à l'approche du col du Tondu, mais l'orage ne sera pas pour nous.
La première partie de la descente vers Robert Blanc est en style via ferrata.
Alice a retrouvé son sourire mais pas l'usage de sa main gauche.
Le refuge est surbooké, ce qui nous vaut un accueil grinçant ! Un groupe de chasseurs alpins en manœuvre envahit le refuge... mais ces jeunes gens sont d'une politesse exquise.

Mercredi 5 août : la surprise...
Sur le programme du stage on peut lire « journée cool, selon météo et état des stagiaires ». Comme nous sommes arrivés tôt au refuge et que l'état des stagiaires est excellent, Luc nous programme le réveil à 4h ! La course du jour : le dôme de neige des glaciers par l'arête des Lanchettes.
Au petit déjeuner, Alice nous rassure sur l'état de son poignet qui est plutôt moins douloureux, sans pour autant lui permettre d'utiliser sa main. Mais pas question pour elle de rester au refuge !
Parcours chaotique encore pour atteindre la base de la paroi rocheuse sous le col du Moyen Age. Jérémy pose une main courante pour rejoindre le col. Sur l'arête, Fanny G. ouvre la marche et a retrouvé le sourire. Le parcours rocheux est très aérien jusqu'à retrouver la neige et monter au dôme.
Pause repas (mais le casse-croûte préparé par le refuge est bien maigre), ciel bleu, euphorie des paysages. Luc nous tire de notre état contemplatif... Nous ne sommes pas chez nous ici, il faut penser au retour...
Descente par le glacier, crevasses, ponts de neige fissurés... vigilance recommandée !

Avant nous, l'alpiniste Reinhold Messner a ainsi résumé la situation :
« Le meilleur moment, c'est souvent le retour au camp de base. Quand l'alpiniste peut se poser, se repasser le film en savourant quelques biscuits autour d'un thé bouillant. Auparavant, il y a la satisfaction d'avoir atteint le sommet, la joie d'avoir foulé une terre inaccessible au commun des mortels. Mais l'instant est fugace. Au-delà de 4 000 mètres, on ne s'éternise pas. Le froid, l'heure qui tourne, la fatigue qui monte, il faut redescendre. En restant concentré. En se gardant de tout sentiment d'euphorie. Le danger est partout: avalanches, crevasses, chute de séracs et, bien sûr, le faux pas, l'erreur humaine... »
A l'arrivée au refuge, diverses options : douche en plein air, une bonne bière, une sieste, et pour Fanny G., insatiable, une petite randonnée vers les chalets des Lanchettes 700 m plus bas. Mais ayant faim, la demoiselle se confie à un randonneur qui lui donne des gâteaux !

Jeudi 6 août :
Cette fois, Luc a promis grasse matinée, réveil à 7h, journée de récupération.
Petit problème au petit déjeuner : il semblerait que nous consommions trop de pain ! Nous en profitons pour faire une mise au point sur la maigreur du pique-nique !
Nous repartons en direction du col du Tondu tranquillement et établissons notre camp sur le sentier afin de profiter de la présence de nos deux médecins (Alice et Fanny G.) pour réviser les gestes de premier secours et débattre de la composition de la pharmacie personnelle.
Luc a repéré une voie d'escalade sous le col du Tondu, 4 longueurs équipées, niveau 5a en dalle. Pour beaucoup, découverte de l'escalade en chaussures d'alpi.
Luc : tu as une petite réglette pied droit.
Jacques : elle est trop petite...
Luc : tu verras, ça tient très bien...
Silence, réflexion, essai, nouvelle réflexion,... action !
Jacques : oui, c'est vrai, ça tient !

Vendredi 7 août : la descente infernale... aïe mes genoux !
C'est déjà le jour du retour à la civilisation en passant par le mont Tondu et les lacs Jovet.
Une belle arête rocheuse depuis le col du Tondu jusqu'au sommet à 3196 m.
Une descente éprouvante jusqu'aux lacs Jovet, 1000 m de dénivelée de pierrier instable... calvaire des genoux.
Enfin les lacs Jovet, Jérémy plonge dans le lac, Jacques est seul à relever le défi.
C'est l'heure du pique-nique au bord du lac, pour oublier un instant que Notre-Dame de la Gorge est encore mille mètres plus bas, mais maintenant avec un vrai sentier.
La gardienne du refuge nous a fait un gâteau, pour se faire pardonner sans doute ? Nous apprécions, bien qu'il manque un petit peu de temps de cuisson !

Les Contamines : débriefing du stage, en terrasse, devant une bière...
Un petit commentaire de Luc pour chaque stagiaire, et des paroles très encourageantes pour les cadres du CAF Clermont Auvergne. Encore une excellente promotion sans oublier Jérémy, bien sûr, qui obtient la validation de son cursus initiateur terrain montagne.

Cette année encore, je vais conclure par cette citation de Gaston Rebuffat :
"Les montagnes ne vivent que de l'amour des hommes. Là où les habitations, puis les arbres, puis l'herbe s'épuisent, naît le royaume stérile, sauvage, minéral ; cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa nudité totale, il dispense une richesse qui n'a pas de prix : le bonheur que l'on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent"
Pour nos fidèles lecteurs, rendez-vous en 2016 pour le prochain stage Terrain Montagne et de nouvelles aventures !