Spéléo à gogo – Week-end des 4 et 5 novembre 2017

Le 27.11.2017, par GeorgesS-685, 3 commentaires


Auteure : Delphine Bouju.

 

Participants : Marc B. et Marc T. (encadrants), Erik B., Delphine B., Josette M., Albert R., François T.

Enfin vendredi... Je l'attendais avec impatience. Nous nous retrouvons chez Josette, en fin d'après-midi, pour notre départ en week-end spéléo, destination le Gard. Marc B. nous promet de très belles cavités. La composition des voitures, pleines à craquer, s'organise et nous prenons la route, destination Saint-Denis, le gîte "La Maison Carrée". Autour du repas, préparé par Josette, nous échangeons à propos des cavités proposées par Marc, l'occasion pour moi de faire connaissance avec la fine équipe spéléo et son humour légendaire. L’aven des Pèbres, la grotte de la Toussaint et l’aven d’Armédia sont au programme. Je suis impatiente d'être au lendemain.

Après une courte nuit de sommeil et un petit déjeuner copieux, nous nous engouffrons dans les voitures, tous impatients de découvrir l'aven des Pèbres (profondeur - 88 m), situé sur la commune de Tharaux. A l’entrée de la grotte, nous répétons les différentes manipulations sur corde et vérifions à nouveau notre matériel pendant que Marc B. commence à équiper la cavité.

C’est parti : après le passage d’un boyau, peu étroit et légèrement en toboggan, nous arrivons en haut d'un puits, fractionné, de 31 m. 

Malgré l’appréhension de la descente, je suis confiante, passe les quatre ou cinq fractionnements et la déviation sans difficulté. Il reste un ressaut et un boyau à traverser avant l’arrivée dans la grande salle.

Le spectacle commence : un volume, s’étendant jusqu’à - 88 m, où de nombreux piliers massifs de stalagmites et stalactites apparaissent les uns après les autres, au fur et à mesure de notre progression. Nous apercevons au plafond un balcon concrétionné de stalagmites débouchant sur une autre salle. L’envie d’explorer cette partie nous tente mais le temps nous manque, nous devons remonter.

En effet, nous sommes attendus par Michel Wienin, pour la visite de la grotte de la Toussaint. La remontée se passe sans problème pour tous, sauf pour moi jusqu'au passage de la déviation. Pas facile : j'y laisse un peu d'énergie. Marc B. m'aide à passer cette difficulté, et je termine mon ascension. Cette déviation me contrarie un peu, vais-je réussir à passer les prochaines ? Erik me rassure en me disant qu’elles ne sont pas toujours difficiles.

Retour rapide au gîte pour avaler un morceau et nous voilà repartis rejoindre Michel, spéléologue et géologue, qui accepte de nous ouvrir et faire visiter la grotte de la Toussaint, commune de Tharaux également. Cette grotte est horizontale et protégée, car elle abrite des merveilles.

Quelle horreur pour moi à l'ouverture : une des gardiennes des lieux se presse à l'entrée, une araignée, de la taille d'un ongle mais en rajoutant les pattes, c’est beaucoup plus impressionnant ! C’est un des insectes que nous pouvons rencontrer aux entrées.

Michel descend le premier, les autres suivent. Arrive mon tour, j'aperçois quelques araignées, je ne traîne pas dans le passage afin de ne pas les déranger (surtout ne pas me retrouver nez à nez avec un énorme spécimen).

Une véritable merveille, des concrétions de calcite tout autour de nous. Je ne sais plus où poser mes yeux : des fines excentriques (stalagmites ou stalactites transparentes comme du cristal poussant à l’horizontale ou en biais) apparaissent, elles sont partout ! 

 

Je laisse libre cours à mon imagination et décèle différentes formes : hippocampe, taureau, clé, même un @ que Marc nous fait remarquer) ; des draperies colorées, translucides, parfois dentelées, ondulant, décorent la galerie et m'impressionnent ; des disques de concrétions ornés de draperies avec des dégradés de couleur me fascinent.

Des stalagmites et stalactites séparées ressemblent à des cierges, certaines en reconstitution en formant comme une bouée autour de la séparation.

Nous croisons également des résidents ayant élu domicile pour l'hiver : deux chauve-souris entament leur hibernation, suspendues tête en bas. Chuuuttt ne les dérangeons pas ! Autant de merveilles que Michel prend plaisir à nous faire découvrir et partager avec nous. Il explique pourquoi les dégradés de couleurs, comment se forment les concrétions, et pourquoi il faut respecter ce que nous offre la nature souterraine. Merci Michel.

Nous faisons demi-tour et retrouvons la surface ; la nuit est tombée, mais quelle heure est-il ? Le temps est passé si vite sans que je m'en rende compte !

Nous regagnons le gîte, suivis de Michel, pour partager un moment convivial autour d'un apéritif et d'un repas que Josette a pris le temps de préparer - trop bon, tu nous as régalés, merci Josette. Pendant que la pluie ne cesse de tomber, que l’orage éclate fortement, Michel nous fait part de ses expériences spéléo ; c’est un passionné, une véritable encyclopédie.

Après son départ, nous tombons rapidement dans les bras de Morphée pour un repos mérité.

Dernier jour, la pluie a cessé. Marc décide, en fonction de la météo, de nous faire découvrir l'aven d'Armédia (environ – 80 m).

Comme la veille, Marc part devant pour équiper. Nous entrons par une faille, passons une étroiture pour arriver dans une toute petite salle qui débouche sur un puits de 45 m, fractionné. Chacun à notre tour, nous descendons tranquillement, puis plein vide pour terminer dans une grande salle concrétionnée et boueuse.

Nous traversons, presque en ramping sur le dos, une sphère de stalactites, une vraie forêt de sabres. Nous sommes fascinés.

Nous arrivons sur une pente très glissante, équipée d'une corde et redescendons par un toboggan. Le plafond bas est magnifique, garni d'excentriques ; il faut faire attention de ne pas les toucher.

Nous passons une étroiture pour accéder à une salle descendante concrétionnée débouchant sur un lac. Nous ne le verrons pas car nous n’avons plus de corde.

Nous faisons demi-tour. Le changement de corde sur la pente glissante est délicat. Nous attendons les copains au pied du P45 pendant que nous échangeons avec un autre groupe. Nous préparons notre ascension, passons les fractionnements et la déviation qui, bien sûr, n'est pas d'accord avec ma manière de m'y prendre. L'ascension se termine. Je vois la lumière et commence à sentir la chaleur. L'étroiture passée, je sors du trou. Erik a un peu plus de mal, mais ça passe. « Si tu passes à l'aller, tu passes au retour » m’ont-ils dit. Josette sort, suivie de François, Albert et Marc B. Nous rejoignons les voitures, boueux mais heureux, et partons nettoyer notre matériel dans la Cèze.

De retour au gîte, nous plions nos affaires. Le week-end s'achève déjà ; je n'ai pas envie de quitter l'équipe, notre ambiance, nos partages sous terre. Toutefois, je rentre heureuse, la tête remplie de concrétions merveilleuses. Une seule envie : redescendre très vite avec l'équipe pour partager de nouvelles émotions créées par la beauté et le mystère que nous offre la vie souterraine.

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