Escalade sur les falaises d'Orpierre

Le 28.05.2016, par GeorgesS-685


Auteur : Antoine Sénèze – Le 22/05/2016

Départ le 28 avril à 7 h de Clermont-Ferrand.

Nous sommes six entreprenants à partir à la conquête, non pas de l’Ouest du Nouveau Monde, mais des falaises des Baronnies provençales, à l’initiative du conquérant Raphaël 1er du nom.

Le trajet en voitures nous conduit au bout de six heures au parking de l’Adrech où nous mangeons un casse-croûte tiré de nos sacs. Formation des cordées, et c’est parti pour l’ascension du pilier ouest de l'Ascle,  voie  qui s’appelle  « Le Maître de la Danse », cinq longueurs de mise en jambes pour les braves réunis autour d’un seul objectif, en prendre plein la vue. Après avoir effectué la première ascension du séjour, c'est la descente et l'arrivée au gîte du Moulin, accueillis chaleureusement par nos hôtes Elsa (2 ans), Lucie et Florian. Nous prenons nos quartiers, dans lesquels nous avons suffisamment de place pour ne pas nous marcher dessus. Repas du soir avec nos hôtes, qui sera extraordinaire comme les trois repas et petits déjeuners de tout le séjour, ragoût de mouton, soupe de courges de Nice, île flottante, tiramisu, petits déjeuners avec les confitures du jardin, etc., le tout fait maison. Bref, tout un programme gustatif qui fera naître des conversations autour des robots « Mix quelque chose » et « Cook machin ».

Deuxième jour, tout le monde est sur le pont tôt afin de ne pas perdre trop de temps. Les véhicules sont chargés de l’équipement, et direction le fameux  Dièdre sud au départ de la place du village. Une petite marche ascensionnelle d’un kilomètre et demi qui permet, avec des passages en via, de chauffer les muscles. C’est le début de l’ascension des sept longueurs. Une première voie polie, puis un dièdre, font déjà entendre les premiers « sec ! » puis les glissades qui suivent. Mais en tête, point de renoncement, le « c’est génial ! » ou « c’est super ! » ne cessera pas jusqu’au sommet. Quelques nœuds et entortillements de cordes dans les « sangles », pardon les dégaines, viennent ralentir la progression.

Il est 15 h, quand la halte de midi, pour reprendre des forces avec les victuailles emportées, s’installe après une traversée pour atteindre un petit surplomb boisé. Échange des impressions sur la moitié du matin et récupération. Puis c’est reparti pour les trois dernières longueurs. Avec la digestion en plus,  celles-ci se font de plus en plus capricieuses, mais génèrent une satisfaction et un plaisir intense à chaque relais atteint. On alterne entre parois agrippantes et polies avec un passage en adhérence avant de terminer l’ascension avec un surplomb.

Cette arrivée sur le sommet, avec le panorama, donne un sentiment de satisfaction intense d’avoir accompli cette dernière. La descente, qui durera plus d'une heure et demie, finira d'achever les dernières forces et les valeureux grimpeurs ne traîneront pas à table pour aller se coucher.

Troisième jour, nous avons perdu deux combattants qui préfèrent partir en excursion vers le mont Michel et les côtes qui entourent Orpierre. Les quatre fantastiques vont se faire une petite ascension de quatre longueurs de 120 m. La petite marche d'approche se fait longue, car l'ascension d'hier est encore dans les jambes. Choix de la voie, composition des deux couples, et la nouvelle ascension démarre, mais cette fois-ci sous les nuages. L'Adrech ne résistera pas à la détermination des hommes, mais les fera lutter car l'ascension durera près de quatre heures, alternant des longueurs en adhérence, polies ou accrochantes avec des bonnes prises de pied. L'arrivée au sommet se fait sous une bourrasque de vent qui presse les cordées à s'acheminer rapidement au point de descente en rappel par la face nord de l'Adrech, une descente en fil d'araignée de 32 m à l'abri du vent, et atterrissage dans la verdure. Nous pique-niquons au pied des voies. Retour au gîte pour nous changer, et nous passons le reste de l'après-midi à visiter Orpierre et admirer le panorama ; bien sûr, entre-temps, nos deux compagnons nous ont retrouvés pour participer à cette visite. L'heure du couchage sera encore plus tôt que la veille, même pour les couche-tard, preuve que l'ascension laisse des traces.

Dimanche 1er mai, nous regroupons les affaires et allons tester durant une dernière matinée les voies du côté de la cascade, à l’abri du vent mais pas du soleil. Nous jetons nos dernières forces dans la bataille, mais la roche aura raison de nous. Petite pause casse-croûte et c'est le retour vers Clermont-Ferrand. Nous croisons la neige dans l’Ardèche, mais nous arrivons au point de départ de notre périple. Tout le monde n'aspire qu'à du repos après en avoir pris plein les yeux pendant quatre jours, avec l'intention de retenter l'ascension des falaises d'Orpierre et de retourner savourer les délices du gîte du Moulin.